Aux origines des PARISII : l'histoire du kop qui a grandi avec le Paris Basketball



Rencontre avec Félix, cofondateur et premier président du kop PARISII, le collectif de supporters du Paris Basketball.

Pour commencer, peux-tu nous replacer le tout début de l'histoire du supporterisme au Paris Basketball ?

Il faut remonter au moment où le club a récupéré sa licence - celle de Toulon, à l'époque. Il y avait déjà un petit groupe de jeunes fans de basket, des gars qui avaient grandi dans le quartier de Carpentier, qui s'étaient intéressés au club dès ses débuts. Ils avaient même essayé de lancer un kop, avec l'accord de David Kahn quand il avait repris le projet.

Ça n'avait pas vraiment fonctionné. L'approche n'était pas hyper structurée. Mais ces gars-là ont leur importance dans l'histoire, parce que ce sont eux qui ont formé le noyau des premiers PARISII quand on a monté le collectif un peu plus tard. Donc l'histoire du supporterisme au Paris Basket commence vraiment avec ce groupe de jeunes basketteurs habitués à jouer à Carpentier, qui ont tenté un premier coup sans grand succès au départ.

Et toi, comment es-tu arrivé dans cette histoire ?

Moi, j'ai été attiré au tout début par la communication du club — sur Instagram, sur les réseaux. Je trouvais ça vachement bien fait. Un jour je me suis dit : bon, j'y vais, je vais voir un match du Paris Basket. Je précise que j'habite dans le nord du 92, donc ce n'était pas exactement la porte à côté.

J'ai emmené mon épouse — qui était ma copine à l'époque — et mon pote Tom. Avec Tom, on n'est pas issus du basket à la base, plutôt du handball, même si on a toujours pratiqué le basket en street et qu'on ne se débrouille pas trop mal. Et en tribune de handball, l'ambiance est un peu différente : on a tendance à gueuler à la limite du raisonnable, à titiller les joueurs adverses, chambrer les arbitres... une ambiance véhémente, mais dans la limite du correct.

Comment s'est passé ce premier match ?

On s'est retrouvés au milieu d'un public plutôt familial, sans grande ambiance. Dès le premier quart-temps, avec Tom, on s'est fait remarquer parce qu'on chambrait pas mal les joueurs. Et là, un gars du club, Gianluca — qui gérait la com à l'époque, je ne sais pas si c'est toujours le cas — s'approche de nous avec un air sérieux. On s'est dit : ça y est, on va se faire recadrer. Et en fait, il se penche et nous demande simplement : « Les gars, vous voulez pas un tambour ? »

Il nous a ramené un tambour, et pendant tout le deuxième quart-temps on a tapé dessus comme des fous, on gueulait, on essayait de mettre l'ambiance. On a dû saouler pas mal de monde autour de nous.

À la mi-temps, un groupe de jeunes est venu nous voir : « Venez, on est en haut, ramenez le tambour, on va faire du bruit. » C'étaient justement ces jeunes qui avaient tenté de monter un kop quelques mois plus tôt. Après le match, on a discuté avec Gianluca, qui nous a dit qu'il sentait une bonne dynamique chez nous, qu'il y avait un truc à faire. Il nous a un peu chauffés, disons. Et c'est à partir de ce jour-là qu'on s'est dit, avec Tom : on va monter un kop de supporters du Paris Basketball.

Comment les choses ont-elles évolué à partir de là ?

On a continué à venir de temps en temps, à chaque fois dans une bonne ambiance, on s'amusait, on buvait quelques coups entre potes. Puis est arrivée une échéance importante : le club nous avait chauffés en nous disant que Blois allait venir avec son propre club de supporters. C'était notre premier vrai affrontement entre collectifs. C'était le 30 avril 2021 — j'ai vérifié la date, elle est exacte. Il doit même encore y avoir des photos de ce match sur les tout débuts de l'Instagram du club.

On avait réussi à réunir 40 personnes ce jour-là, la plus grosse affluence du kop jusque-là — des potes de potes, des connexions qui se créaient petit à petit. Le match a été dingue : on se fait mener largement jusqu'à la fin du troisième quart-temps, puis on revient au quatrième. Je me souviens d'Amara SY qui monte au layup sur le buzzer-beater du quatrième quart-temps, subit une grosse faute dans le dos sans que l'arbitre siffle, et on finit par perdre en prolongation. Le momentum avait basculé côté adverse. Mais ce match reste notre vrai match référence.

C'est après ce match que l'association a été créée ?

Exactement. Avec Tom, on s'est dit qu'il fallait faire les choses proprement, de façon structurée, et créer une véritable association. C'est ce qu'on a fait à la fin de la saison 2020-2021, pour préparer la saison 2021-2022.

On a monté l'association avec Tom comme vice-président, Marc — un très bon ami, mon témoin de mariage — comme trésorier, parce qu'il fallait quelqu'un de confiance, même s'il n'était pas forcément très investi dans le basket en général. Mais un vrai soldat : dès qu'il était là, ça gueulait. Et Lucas, qui doit peut-être encore être au club aujourd'hui, sur la gestion du merchandising ou de la boutique. Moi, j'occupais la présidence.

Comment le kop a-t-il grandi sur ces deux saisons ?

On est passés de nous quatre à une petite centaine d'adhérents — le maximum qu'on a atteint à l'époque tournait entre 90 et 100 membres. On a créé le kop à un moment où le Paris Basket évoluait encore en deuxième division, sans forcément voir le jour, en enchaînant les défaites. C'est d'ailleurs de cette période que vient un de nos chants : « Qu'importe le résultat, ensemble on va se casser la voix. » On créait des chants petit à petit avec les adhérents, qui reflétaient simplement notre état d'esprit du moment.

Et puis le Paris Basket s'est mis à gagner. On a vécu la montée, et avec elle des moments de joie exceptionnels.

Comment s'est faite la transmission du kop ?

À un moment donné, avec Tom et Marc, on est tous partis dans des directions professionnelles très prenantes — Tom en finance, moi en supply chain, Marc en tant que acheteur. Consacrer autant de temps à l'association n'était plus possible pour nous.

Et si on voulait que l'association perdure et continue à se développer, pour devenir ce que le kop PARISII est aujourd'hui, il fallait passer la main à des personnes capables d'y consacrer le temps nécessaire. On a donc transmis les rênes du collectif à Red, qui a pris la relève. La suite, tu la connais sans doute mieux que moi.

Un souvenir marquant de cette période fondatrice ?

Plusieurs, en fait. On a fait le tout premier déplacement de l'histoire du kop, à Nanterre. On avait gagné, et on avait chanté un chant assez moqueur envers Nanterre, qui était à l'époque notre grande rivalité — ils étaient jaloux du projet parisien, et leur kop faisait pâle figure comparé au nôtre. On était allés les narguer chez eux, une trentaine de personnes tout au plus, et on avait fait un bruit pas possible.

La relation avec les joueurs était aussi incroyable à l'époque — je ne sais pas si c'est toujours le cas aujourd'hui. Ils venaient nous voir après chaque match. J'ai encore le numéro de Dustin SLEVA... Enfin, celui de l'époque... Dustin, que je croise encore de temps en temps avec plaisir.

Et il y a eu Victor Wembanyama, à Carpentier, qu'on avait chambré en chantant qu'il était « oublié » sur le côté — juste avant qu'il nous plante un gros trois points. Voilà, en résumé, à peu près comment cette histoire s'est construite.

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